Quelles familles aujourd’hui ?

ob_d1c68b_novembre-2010-1816Le CELEM (chrétiens et libres en Morbihan), membre du Réseaux des Parvis organise une Conférence-débat sur le thème « Quelles familles aujourd’hui » avec Elie Geffray. Elle se déroulera à Vannes le 22 octobre à 20 heures 30 au Palais des arts.
A l’heure où le Synode réfléchit sur les enjeux des familles recomposées, il semble important d’entendre des voix autres et de dialoguer sans exclusif.
A l’image des pères synodaux, notre Eglise est traversée de multiple courants (réformateurs, traditionnels, partisans su statu quo…) et les passions se cristallisent en particulier autour de la questions des divorcés remariés à travers des notions de culture (et l’Évangile n’est assimilable à aucune d’elles), de traditions  (et si la Tradition est celle qui va de l’avant, à l’écoute de l’Esprit ?), de valeurs (et si les convictions de foi l’emportaient sur des « valeurs » changeantes au gré du temps ?) …

Que dire ? Les débats d’idées, dans le respect des uns et des autres a toujours porté fruit. Sommes-nous encore dans ce profil ? Il semble se dessiner un logique militante dans certains « partis » qui devient préjudiciable à la bonne marche du dialogue.
Par exemple, les évêques africains qui s’estimaient peu entendus lors de la dernière préparation  du Synode l’an passé, veulent « peser sur le débat » dans celui de cette année.
cardinal_sarah-300x202Figure de proue de la militance traditionnelle, le Cardinal Sarah ne fait pas dans la dentelle de son habit de cardinal. Qu’on en juge plutôt : « Il y a de nouveaux défis par rapport au synode de 1980. Un discernement théologique nous permet de voir à notre époque deux menaces inattendues […] situées sur des pôles opposés : d’une part, l’idolâtrie de la liberté occidentale ; de l’autre, le fondamentalisme islamique : laïcisme athée contre fanatisme religieux. Pour utiliser un slogan, nous nous trouvons entre “l’idéologie du genre et l’État islamique”. Les massacres islamiques et les exigences libertaires se disputent régulièrement la première page des journaux. […] De ces deux radicalisations se lèvent les deux grandes menaces contre la famille : sa désintégration subjectiviste dans l’Occident sécularisé, par le divorce rapide et facile, l’avortement, les unions homosexuelles, l’euthanasie, etc. (cf. la gender theory, les FEMEN, le lobby LGBT, le Planning familial…). D’autre part, la pseudo-famille de l’islam idéologisé qui légitime la polygamie, l’asservissement des femmes, l’esclavage sexuel, le mariage des enfants, etc. (cf. al-Qaida, État islamique, Boko Haram…). […] Ces deux mouvements […] encouragent la confusion (homo-gamie) ou la subordination (poly-gamie). En outre, ils postulent une loi universelle et totalitaire, sont violemment intolérants, destructeurs des familles, de la société et de l’Église, et sont ouvertement christianophobes. […] Nous devons être inclusifs et accueillants à tout ce qui est humain ; mais ce qui vient de l’Ennemi ne peut pas et ne doit pas être assimilé. […] Ce que le nazisme et le communisme étaient au XXe siècle, l’homosexualité occidentale et les idéologies abortives et le fanatisme islamique le sont aujourd’hui. »
Voila un discours binaire d’enfermement et culpabilisant pour les intéressés. Comment ne pas s’en détourner et fuir une institution aussi « débile » dans ses propos ? On se demande en quoi ces déclarations mortifères peuvent aider chacun à entrer dans une démarche de recherche spirituelle : Quel rapport avec la démarche de miséricorde du Christ dans les Évangiles ? Il y a de quoi rester pantois devant tant d’amalgames et de confusions des genres : liberté occidentale et fondamentalisme islamiste, « théorie » du genre et état islamique, nazisme et homosexualité… arton245-300x169L’outrance serait-elle le moyen d’avoir raison et de justifier l’injustifiable ? La manière d’asséner est-elle un argument imparable ?
Le problème c’est que les mouvements réformateurs surfent sur ce bêtisier et promeuvent son dernier livre « admirable » et « incontournable ». « Enfin une parole forte, disent-ils, face à la chienlit moderniste de Rome ». Il devient « l’honneur de l’Eglise avec d’autre évêques ou cardinaux qui résistent à la formidable poussée des forces du monde dont certaines sont particulièrement obscures ».

Et c’est là que ça coince :  en affirmant ses énormités et ses outrances, le cardinal Sarah crée, autour de lui, des défenseurs et des émules tout heureux de s’opposer à toute évolution doctrinale ou même pastorale de l’Église sur les questions de morale sexuelle et familiale.

La soirée proposée à Vannes propose un débat de fond sans vouloir imposer ses idées. On le devine, il sera loin du discours dominant.
Il est à entendre car on voit poindre le danger : guerre de tranchées, mise en place d’antagonismes (les bons et les mauvais, le force du mal et du bien, la bonne et mauvaise doctrine…), et obligation de choisir son camp, sous peine d’exclusion ou « d’excommunication ».

En un mot, le vrai enjeu ne serait-ce pas celui de la communion à l’intérieur de l’Eglise et celui de sa crédibilité à l’extérieur ? Comment prêcher l’amour miséricordieux du Père auprès de ceux qui sont en souffrance si on ne parle que d’exclusion et de conditions ? … si on affirme sans nuance qu’ homosexuels et divorcés « sont violemment intolérants, destructeurs des familles, de la société et de l’Église, et sont ouvertement christianophobes… » ? et si l’Eglise tient un discours totalement inadapté aux réalités familiales contemporaines…

Comprendre les différentes opinions. Quitte à quitter sécurité et certitude dogmatiques.
Il suffirait peut-être que l’Eglise parle un peu plus d’amour et d’un peu moins de Doctrine et que chaque homme s’inspire de la vie du Christ, de ses paroles de pardon et de bienveillance…. de sa vie, mais aussi de ses paroles qui libèrent et ne condamnent pas, qui rassemblent et n’envoient pas en guerre…

33745_elie-geffray_440x260Qui est Elie Geffray ? C’est un ancien du MRJC, prêtre depuis 49 ans dans le diocèse de Saint Brieuc, et ancien enseignant à la Catho de Guingamp. Il a été maire pendant quelques années à Eréac dans les Cotes d’Armor.
Il nous dit ce qui le motive :

« Ce qui me chiffonne c’est que, concernant le mariage homosexuel, la République soit plus accueillante que l’Église. Je pense que la première qualité des chrétiens, c’est d’être accueillants à l’autre, tel qu’il est ».
« A mon sens, le grand changement culturel d’aujourd’hui qui affecte aussi les croyants, c’est la volonté de penser par soi-même plutôt que de s’aligner sur une position hiérarchique qui s’imposerait d’en haut. D’où la difficulté des orthodoxies à se faire entendre.
Dans cet espace ouvert, prenons notre part à la discussion avec ce que nous portons de meilleur pour le bien commun et acceptons des solutions transitoires et révisables. C’est toujours par tâtonnements que nos sociétés avancent.
Je souhaite que sur ces questions de société, l’ Église s’inscrive dans ce cheminement sans prétendre à une vérité définitive »
« C’est un travail titanesque qui nous attend. Il ne pourra être produit sans l’alliance de tous les humanistes. Les humanistes de la tradition gréco-latine. De la tradition judéo-chrétienne. De la tradition arabo-musulmane. De la tradition des Lumières.
Des adolescents ont illustré cette nécessité lors de la manifestation du 11 janvier à Saint-Brieuc. Sur leur pancarte, on lisait : « Nous sommes chrétiens,juifs, musulmans, athées.Et si on commençait par être humains ! »

Quelles familles aujourd’hui ?
Palais de arts
Vannes 

22 octobre à 20 heures 30

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