L’heureux naufrage

54f98875273b9_heureuxnaufrage630En début d’été, nous vous invitions à « prendre son vide en main » (voir ici).
L’expression était tirée d’un des intervenants du film de Guillaume Tremblay « l’Heureux naufrage ». sous-titré « L’ère du vide d’une société postchrétienne »
Il se trouve que ce réalisateur québécois vient lui-même présenter son film à Lorient, au Cinéville, le 14 octobre prochain.

De quoi s’agit-il ? C’est un documentaire qui prend acte de « l’effondrement » ou du « naufrage » de la société québécoise traditionnelle dans les années 1950-1980 qui jusque là était « tenue » par les institutions ecclésiales catholiques. En effet depuis des siècles (1780), elles étaient le seul repère structurant de cette société.
Et, dans la seconde moitié du XX éme siècle, sans bruit, discrètement, toute une génération ne s’est plus reconnu dans les discours et les valeurs de cette institution et l’ont abandonnée.

Pour autant, les grandes questions existentielles et la références à des « valeurs » se sont dites autrement : dans une interrogation et une recherche spirituelle qui ont été fécondes. (C’est ce qui s’est appelée la révolution tranquille)
Face à l’effondrement de la religion, des idéologies politiques et du libéralisme économique (pour ce dernier, il y a encore du boulot ! … mais il est là : nous sommes témoins de ses derniers soubresauts), tout un labourage et un ensemencement intérieur, personnel et collectif, se dit . Comme des retrouvailles avec une foi première, que l’on soit croyant ou athée. Foi première constitutive de tout homme qui accueille la vie comme elle vient et qui se donne à nous. Pas besoin de fabriquer un sens, des valeurs : elles sont là en « semence » : Amour, bonté, solidarité, altruisme, etc… et ne demandent qu’à grandir.
ob_0c3cdf_photo-flyer-namaste-meditationNous voyons cette quête de spiritualité autour de nous. Elle peut à juste titre nous interroger, voire nous déstabiliser. Mais que nous le voulions ou non, c’est la réalité d’aujourd’hui. Elle nous invite à voir et à accepter ce mouvement de fond qui n’est plus porté par les seules Eglises. Il s’agit de ne pas se voiler la face et de ne pas se replier sur des « réponses » dogmatiques ou anachroniques.
Dans le film, pour l’auteur, la perte de crédibilité de fond de l’Eglise est un « heureux naufrage ». A travers les différents intervenants, il nous propose d’ entrer dans l’inconnu de la Nouveauté, à quitter nos attitudes « sachantes » de Nicodème, à revoir nos valeurs référentes de toujours, et à ouvrir nos portes à Celui qui frappe et veut faire sa demeure chez nous de manière nouvelle. Sur le plan ecclésial,  n’est-ce pas un des enjeux du synode actuel que l’évangile, et son message de miséricorde, soient mis ainsi à l’épreuve de l’institution ?

Pourquoi parler de cela sur le site du CCFD ?
Parce que ce film nous invite à voir, à comprendre (ou à tenter de le faire) les « signes des temps » qui se disent dans notre monde aujourd’hui. Entrer en apprentissage pour avoir ce regard est essentiel pour l’agir du CCFD.  Non pour se mouler dans l’air du temps de la soi-disante modernité, mais pour se mettre à l’écoute de l’Esprit dont « on ne sait ni d’où il vient ni où il va » et surtout ne pas l’accaparer au profit d’une institution quel qu’elle soit.
On peut y voir aussi comme une invitation pressante à retrouver les Évangiles, débarrassés d’un carcan perçu comme trop rigide et moralisateur. Nous assistons à un « retour vers les choses fondamentales », à un « renouveau spirituel ». Comment entendre la soif du monde et y répondre au-delà des réponses purement dogmatiques, techniques ou financières ?
Face au « vide laissé par le reflux des croyances », il nous faut expérimenter de manière nouvelle nos engagements pour les asseoir sur du solide et leur donner la consistance d’une foi adulte.
… Et puis pour vous inviter à vous déplacer (dans tous les sens du terme) en allant à la projection de ce film : les débats seront sans doute passionnants.

Pour reprendre le commentaire de Jean Bellefeuille, dans l’article du début d’été, « D’où nous viendra l’espoir ? Comme le chante Damien Robitaille dans le documentaire  « Y a-t-il quelqu’un? »… « Quelqu’un que je pourrais suivre, qui pourrait m’aider à vivre? »
Dans notre société occidentale qui a été marquée en profondeur par les valeurs chrétiennes, l’Évangile est toujours capable de faire du sens, sens compris comme signification et comme direction. L’amour, le pardon, la solidarité avec les plus démunis, la justice, l’humilité… seront toujours des chemins d’humanité à célébrer qui nous permettront d’incarner le rêve de Dieu pour les humains…. »
Voilà un film qui nous invite à une heureuse remise en cause personnelle et collective.

Voici deux liens écrits après ce documentaire sur le sens de la vie et sur nos valeurs.
– l’un est un point de vue personnel de Jean Lavoué, écrit à la suite du visionnage du film (donc pas sur le film lui-même).
– l-autre est une analyse critique de Marco Veilleux, jésuite québécois, qui réagit sur le film
– et voici un lien de présentation de ce documentaire
– la vidéo de la bande annonce du documentaire:

à Lorient, au Cinéville, le 14 octobre prochain.

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