Migrants : il faut savoir les accueillir…

Abdiwahab-Somalie_002Une personne âgée rapportait sa désolation et son incompréhension devant le refus de certains face aux mouvements de populations migrantes en résumant bien les enjeux : « mais il y a toujours eu des réfugiés ! je me rappelle quand les gens de Lorient venaient se réfugier sur Plouay pendant la guerre… aujourd’hui c’est pareil ; ils viennent de plus loin, mais il faut savoir les accueillir… »

Ce qui relève du simple bon sens semble ne pas trouver le même écho chez les médias et les politiques qui entretiennent suspicion, climat de peur et diversion face à des enjeux plus importants, (histoire de les occulter ?).
Pourtant, le ton semble changer à l’égard des populations qui fuient l’Afrique et le Proche-Orient pour trouver asile en Europe.
Plus que le bon sens, la simple humanité semble prendre le dessus pour « obliger » les décideurs à enfin « prendre le taureau par les cornes » . On commence à faire la différence entre réfugiés et migrants. Jusqu’à présent tous étaient mis dans le même sac des migrants. Du bout de la langue, on admet que, pour certains, les réfugiés, c’est leur vie qui est en cause (persécutions des minorités religieuses, pays en guerre comme la Syrie ou l’Érythrée, régions en déconfiture comme la Lybie ou le Soudan, dictature, …) et qu’à ce titre on pourrait commencer à réfléchir sur des rencontres préparant des réunions sur les éventuelles possibilités d’un accueil à certaines conditions… c’est à peine exagéré !
Qcalais-fileuand aux migrants économiques en quête de travail, d’un monde meilleur ou de moyens de subsistances pour ceux restés au pays, il faut de la « fermeté », de l’ordre, un « durcissement de la législation « , de la « tolérance zéro », « quitte à intercepter les navires de migrants pour les ramener directement en Afrique » (Xavier Bertrand) ….
On cache son impuissance dans le domaine de l’emploi, de l’économie ou du social, ou ses rêves politiciens comme on peut !
Pourtant ils ne quittent pas patrie, famille et amis de gaité de cœur. Plus de 300.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier 2015 et plus de 2.500 personnes sont mortes en mer après avoir tenté de rallier l’Europe.
Comment distinguer immigrés économiques et exilés politiques ? Faut-il d’ailleurs le faire comme nous y invitent avec subtilité sémantique nos politiques ? Si tous les réfugiés sont des migrants, tous les migrants ne sont pas des réfugiés. La classe politique est régulièrement tentée de répondre à l’angoisse des français par une surenchère dans la fermeté à l’égard des immigrés.
migrants1La confusion es dangereuse car elle met en péril le droit d’asile pour les premiers (Convention de Genève). Mais surtout, pour tous, le non-accueil devient un « outil de déshumanisation » autant pour les migrants économiques, les réfugiés politiques que pour les accueillants. On le voit bien : le sujet devient un moyen de récupération politique de piètre envergure et, pour certains partis, un des seuls moyens de faire de la surenchère. De plus, insidieusement, se met en place des fonctionnements racistes de supériorité  (par exemple, un blanc qui s’exile est un « expatrié », une personne de couleur reste un étranger ou un migrant.
Dans certains pays européens (Allemagne, Finlande, Islande), la société civile ne prône pas la fermeture des frontières mais bien plutôt l’accueil : Par exemple, à l’initiative de Barcelone, des villes « indignées » se mobilisent pour accueillir davantage de réfugiés et lancent des campagnes de solidarité. En Allemagne, droite et gauche mènent une pédagogie politique active et revendiquent l’accueil de centaines de milliers de personnes. La Turquie, le Liban et la Grèce accueillent des millions (oui, des millions) de réfugiés. La Suède est le pays de l’Union européenne qui accueille le plus de demandeurs d’asile au regard de sa population. L’État héberge les personnes dès leur arrivée, En Islande, 13.000 personnes, soit 4% de la population de l’île, ont rejoint une page Facebook demandant à ce que leur pays accepte davantage de réfugiés fuyant le conflit syrien,  …
000_TS-Par8261499-530x371La photo ci-contre, reprise par tous les médias internationaux, nous montre le corps noyé d’Aylan, 3 ans, un garçon syrien dont la famille vivait à Kobane. Il a fui la guerre civile dans son pays, tentant de rejoindre la Grèce par la Turquie. Le corps de son frère aîné, Ghalib, 5 ans, ainsi que de sa mère auraient également été retrouvés sur le rivage. Au total, la mer a rejeté onze corps mercredi 2 septembre, dont ceux de trois enfants et d’une femme. Pas de quoi être fier !
Certains affirment que ce drame pourrait être enfin « un catalyseur pour que la communauté internationale (et l’Europe) mette fin à la guerre en Syrie ».
Sinon ne serait-ce pas le propre naufrage de l’Europe qui se dessinerait là ?
En France, la poursuite des drames tout le long de l’été n’a pas changé l’opinion des Français quant à l’accueil des migrants sur leur territoire. En juillet en effet, un sondage IFOP pour Le Figaro affirmait que 64 % des Français se disaient alors contre l’accueil d’une partie des migrants.
Cette hostilité de masse interroge malgré les explications (crise, contexte économique, emploi, distance culturelle et religieuse…) . Qui dira que les migrants sont une chance pour l’économie (car ce sont les plus formés qui migrent) , pour la relance, le soutien des population vieillissantes, les travaux dont personne ne veut ?
Dans ce sondage, c’est chez les personnes âgées qu’on trouve la part la plus importante de catholiques pratiquants, population qui a une attitude généralement plutôt bienveillante envers les migrants.
Il y a donc du travail pour former et informer nos compatriotes. Les ONG comme le CCFD-terre solidaire s’y emploient. Elles rejoignent l’exhortation du Pape François « à coopérer avec efficacité pour empêcher ces crimes qui offensent l’entière famille humaine ».

Signez la pétition d’Avaaz

– le discours de l’Eglise sur les migrations
– Message du Pape François lors de la journée du migrant
– la position du CCFD-terre solidaire
– La crise migratoire : une crise existentielle européenne

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