Au revoir Armel !

armelNotre aumônier CCFD-terre solidaire du diocèse de Vannes depuis près de 11 ans, Armel Chevillard nous a quittés après une longue maladie. Une très grande foule l’a accompagné lors de la cérémonie des obsèques à Elven ce samedi 22 août dans une église archi comble.
Cérémonie empreinte de dignité, de justesse et de sérénité. Entouré de près d’une centaine de prêtres, il avait su faire « passer le message » qu’une vie qui n’est pas donné est une vie perdue et que la solidarité vécue dans le respect les uns des autres et la tolérance est une vertu cardinale de nos jours.
Armel « sortait des clous » comme on dit. Pas de langue de bois et un souci du petit et du pauvre, l’ont vite fait adopter par ces derniers. Près de moi, à la cérémonie, un homme, loin des milieux ecclésiaux,  le reconnaissait à sa façon en ayant voulu participer à ses obsèques et disant : » ca va être dur de remplacer un mec comme çà. On n’en trouve pas beaucoup …C’est une belle cérémonie, il le mérite bien…  »
A sa manière il résumait bien la vie d’Armel : proche des gens, convivial, soucieux de tous, et entreprenant pour faire bouger les lignes et changer les mentalités. Armel, à sa manière était un prophète car il bousculait les habitudes et, signe de vérité, il dérangeait les bien-pensants.
J’ai vu pleurer des personnes lors de ce départ. Il avait su, près d’elles, être élément de réconfort, d’espérance et de soutien  alors qu’elles se trouvaient dans la détresse. Avec discrétion et un mélange de pudeur et d’humour, il savait « embarquer » les uns et les autres dans la grande aventure des relations humaines, loin, des susceptibilités mal placées ou des besoins d’être reconnu disproportionnés. Mais attentif aux souffrances et aux blessures de chacun il savait manifester, indistinctement à tous, une qualité de présence et une grande disponibilité  : son cœur comme sa maison, le presbytère, étaient toujours grand ouverts. Une solidarité vécue, enracinée dans le modèle de l’amour préférentiel du Christ pour les pauvres et dans l’unité et la communion de l’Église.
J’ai été frappé lors de cette cérémonie, outre le grand nombre de confrères venus l’accompagner une dernière fois, et au-delà de l’importance de ses amis venus lui dire au revoir, de ces sapeurs pompiers auprès de qui il s’était engagé. Une quarantaine était là, présents, dans un esprit de corps : il y a pourtant bien des années qu’il les avait quittés à cause de son arthrose. Eux n’ont pas oublié son engagement : Armel ne pouvait pas être prêtre sans être d’abord citoyen, immergé dans le monde, aux avant-postes des combats qu’il a poursuivis au CCFD-terre solidaire. Il y a des intolérables qu’il ne supportait pas : les discours convenus sur la solidarité ou les migrants, les enfermements dans les sacristies et les refus des engagements politiques ou autres, les replis sur soi, les découragements  …
C’est l’héritage qu’il nous laisse : celui de poursuivre les combats pour la dignité des hommes et leur bonheur intérieur, celui de la solidarité avec tous, au delà des idées, des convictions ou des religions différentes. Celui de la fidélité à ses convictions, (doit-on en payer le prix, celui des incompréhensions et des rejets), fidélité  à sa mission, à ses amis et surtout à son Eglise. Il a pu en souffrir parfois. Mais, persévérant, espérant au delà de toute espérance, il a tenu bon, avec le soutien de ses compagnons de route et de sa famille.

Avec lui, nous partageons sa conviction quand il nous propose ce texte qu’il a choisi lui-même pour ses obsèques dont voici un extrait :
 Un jour, … ton jour mon Dieu, je viendrai vers toi….
et dans la véritable explosion de ma RÉSURRECTION,
je saurai enfin que la tendresse c’est Toi…
Je viendrai vers Toi…ô mon Dieu… et tu me donnera ton visage…
Je viendrai vers toi avec mon rêve le plus fou :
T’apporter le monde dans mes bras…
Je viendrai vers Toi… et je crierai à pleine voix toute la vérité de la vie sur la terre…
Je te crierai mon cri qui vient du fond des âges :
« Père… j’ai tenté d’être un homme… et je suis ton enfant…! »

En tant que fils du même Père, nous savons, par conviction intime, que c’est la fête dans le cœur de notre Père qui vient d’accueillir son enfant… et dans celui d’Armel qui découvre pleinement la tendresse de Dieu.  Alors, que notre tristesse  se change en joie et poursuivons le combat pour une humanité toujours plus réconciliée : le monde en a bien besoin.
(nous reviendrons dans un prochain post sur les textes marquants de cette célébration d’à Dieu)

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