Comment ne pas voyager comme une valise…

perou3Gabriel est membre du CCFD-terre solidaire du Morbihan.  Avec son épouse Maryvonne, et quelques amis, il vient d’effectuer un « voyage solidaire » au Pérou du 7 au 28 avril 2015, organisé par Terres des Andes.
 « Terres des Andes et d’ailleurs » est une agence de voyage équitable et solidaire qui propose à tous d’être accueillis en amis, quel que soit le pays choisi. Ses fondateurs, ont voulu ouvrir leurs cœurs et leurs carnets d’adresses : partager leurs propres amis, leurs bons plans, leurs adresses secrètes, etc. L’accent est mis sur l’accueil et les échanges, la bienveillance des rencontres, la richesse des expériences partagées.

Dans ce cadre, Gabriel a établi 4 billets lors de ce voyage qu’il nous partage pour nous dire qu’au delà des clichés sur « ce qu’il y a à voir dans un pays », il y a aussi des réalités humaines, sociales, économiques, des hommes et des femmes à rencontrer, des réalisations solidaires qui font découvrir une autre facette bien riche et ô combien fraternelle de ce pays attachant … Merci Gaby de ce compte rendu !

perou1Billet 1/4 : Lima, jeudi 9 avril 2015

Pérou : Un bonjour de Lima

Ça y est nous voici au Pérou depuis 2 jours. Première impression, c’est vraiment loin : 12 000 km, 12h30 d´avion depuis Amsterdam. Seconde impression, ils sont super sympathiques ces Péruviens.
Pour le moment, juste une mini découverte de Lima une mégalopole de 10 millions d’habitants (le pays en compte 30 millions au total, sur une surface de deux fois la France).
Marco, un guide local ayant étudié et travaillé en France, a eu à cœur de nous faire découvrir son quartier populaire. Sa femme, Janet, nous a même préparé un « ceviche », plat typique péruvien : du poisson frais « cuit » dans du jus de citron, servi avec du maïs…
Nous avons aussi visité une communauté Emmaüs. Maryvonne n´était pas dépaysée, on s’est vraiment retrouvé chez « les chiffonniers d’Emmaüs ». Accueil hyper sympathique.
Lima est construite sur un étroit plateau d’éboulis à 150 m de hauteur le long de l’océan Pacifique ; elle s’allonge sur une quarantaine de km et de nombreuses constructions pauvres grimpent sur les premières collines de la Cordillère des Andes. Globalement cette immense ville nous est apparue vraiment propre.
Demain, vendredi nous descendons en bus à Nasca, environ 500 km plus au sud, toujours sur la côte Pacifique.

perou2Billet 2/4 : Arequipa le mardi 14 avril 2015

Pérou : Paysage et rencontres

Après Lima, `la grise´, nous voici à Arequipa, `la blanche’, mais aussi ocre, bleue, jaune… et grise également. A 2 300 mètres d’altitude, c’est la seconde ville du pays avec son million d’habitants.
En deux étapes, nous avons parcouru en bus 1000 km vers le sud. Étendues interminables de roches et de sable semi-désertiques, cette côte de l’océan Pacifique est vraiment inhospitalière.
A mi-chemin, à Nasca, sympathique accueil dans l’institution d’éducation “Enfants des Andes” www.enfantsdesandes.org Ce centre est l’œuvre d’une maitresse femme française, Marie-Thérèse Martinez. Depuis 15 ans, elle se consacre, corps et biens, afin de donner une vie plus humaine à des enfants de familles déshéritées. Avec entrain, elle nous conte mille anecdotes allant du pittoresque au dramatique.
Elle a adopté deux péruviens. Soledad, l’ainée, est maintenant devenue son bras droit pour cette œuvre.
Soledad, a vécu une vie de misère avant son adoption. Avec une force de caractère exceptionnelle elle est devenue aujourd’hui guide officielle en français. Grâce à ses compétences nous avons découvert la civilisation Nazca (dont les fameuses “Lignes de Nazca”). Cette civilisation a précédé celle des Incas dans cette rude région.
En résumé, avec nos deux hôtes, nous nous sommes trouvés au contact vivifiant de deux belles leçons de vie… qui relativise bien des plaintes bénignes entendues chez nous.
Ce mardi matin 14 avril, à Arequipa, nous avons visité l’un des établissements de l’association “Crèches d’Arequipa” www.crechedarequipa.com Là aussi, accueil très chaleureux avec les chansons enfantines des groupes : petits, moyens et grands. Nous avons déposé les 15 kg de vêtements d’enfants donnés par Emmaüs Vannes.
La veille, Patricia, une guide péruvienne amie d’Angèle S. de Questembert, nous avait très aimablement guidés dans le monastère-musée de Santa-Catalina.
En fait, dans ce voyage, nous alternons les rencontres à forte densité humaine et les découvertes de paysages et constructions qui nous émerveillent.
Rassurez-vous, nous savons aussi jouer aux touristes ordinaires très préoccupés de dénicher le petit resto sympa et pas cher…
Demain, mercredi, direction les “Gorges de Colca”, les plus profondes du monde parait-il. Trois jours en haute montagne, 4 à 5 000 m ; puis les trois jours suivants sur le lac Titicaca, à 3 800 m quand même !
Si nous ne sommes pas terrassés par le mal d’altitude, on se retrouvera à Cusco dans une semaine.

perou5 Billet 3/4 : Puno, mardi 21 avril 2015

Pérou : Que la montagne est belle !

Quatre heures de route, 150 km au sud d’Arequipa, nous voici immergés dans le Colca. Une longue vallée au milieu de sommets volcaniques enneigés entre 5 et 6 000 m ; l’un d’eux fume encore en permanence !
Le tourisme s’est récemment développé dans cette région demeurée longtemps isolée. Les nombreux visiteurs sont attirés par : le profond canyon découpant la vallée, les condors utilisant les courants d’air chaud ascendants, les bains d’eaux thermales à 37 degrés, etc.
Délaissant le chef-lieu, Chivay, nous avons séjourné dans un des villages à flanc de montagne. A Coporaque, l’accueil chez l’habitant s’organise : modestes chambres d’hôtes, repas succulents, échanges plein de chaleur à défaut de vocabulaire… Un grand merci à Jesusha, notre hôtesse.
perou4Les 3ème et 4ème jours nous voici guidés par Steven Gonidec. Breton marié à une Péruvienne, il a choisi d’épouser également ce village. Il ne peut se résoudre à voir les jeunes abandonner ce magnifique coin de terre, alors il s’implique dans diverses initiatives personnelles et collectives afin que cette vallée vive vraiment. Chapeau bas, Steven.
Steven a son agence de tourisme et est prestataire pour Terres des Andes et Departs
Maintenant, direction Puno. 8 h de bus à une altitude moyenne de plus de 3 000 m. Immenses plateaux semi-désertiques. Ici et là quelques bourgades, c’est malgré tout plus hospitalier que la bordure du Pacifique.
A Puno, ville moyenne en bordure du lac Titicaca, accueil par Mariela et Aurélie. Mariela gère l’association « Asturs-Pérou » qui vise un développement durable de la région, le tourisme rural en faisant partie. Aurélie est une jeune volontaire française accordant six mois au service d’Asturs ; grâce à son aide linguistique nous avons pu découvrir le fonctionnement du micro-crédit très fonctionnel de cette asso. Les projets doivent concerner : l’agriculture, l’élevage, la confection, la cuisine et accessoirement le tourisme. La somme prêtée par projet est en moyenne de 300 euros, pour un an à 7%, ce qui est un taux très faible ici. Le processus d’attribution, le suivi de la réalisation, l’accompagnement par une formation nous sont apparus exemplaires.
En fait, tout cela se passe sur la péninsule de Capachica, une langue rocheuse s’enfonçant dans le lac Titicaca. Comment vous décrire les paysages avant d’y arriver ? Tour à tour : marais briéron et marais vendéen, landes tourbeuses d’Irlande, avant de se frayer un chemin dans les amoncellements caillouteux déjà parcouru au Nord Cameroun… mais cette fois avec de l’eau partout !
C’est dans ce décor de bout du monde, plutôt surréaliste, que nous sommes accueillis pour deux nuits et trois jours par une aimable fratrie de célibataires vivant à l’ancienne. « Deux vaches et puis quelques moutons… », comme dans la chanson.
Demain, jeudi, direction Cusco et le fameux Machu-Picchu.
Jusqu’ici le climat nous a été favorable, aussi malgré quelques aléas bien normaux, la santé tient le coup. Nous supposons qu’en France vous allez également bien. Amicalement.

perou0Billet 4/4 : Lima, dimanche 26 avril 2015

Pérou : Civilisations superposées

Cusco (Cousco), est aujourd’hui la 5ème ville du Pérou (450 000 habitants). Elle fut la capitale de la civilisation Inca durant 4 siècles (de 1200 à 1532). Puis la colonisation espagnole dura 3 siècles, jusqu’à la proclamation de l’indépendance de la nation péruvienne en 1821, voici bientôt 2 siècles.
Toutefois, les premiers habitants ont peuplé cette région centrale des Andes depuis plus de 20 000 ans. D’origine asiatique, ils auraient traversé le détroit de Béring en Alaska, puis descendu tout le continent américain. Sur cette longue période, diverses civilisations se sont développées dans les Andes, en s’affrontant parfois au gré de leur vision du monde ou des velléités de pouvoir de leurs chefs.
C’est donc sur cette partie d’histoire sud-américaine trop méconnue que nous avons la chance de poser nos regards, avec les explications bien documentées de Jaishon notre guide péruvien.
Évoquons juste un instant le fameux site du Machu-Picchu, si intriguant. C’est une cité accrochée à 2 400 m d’altitude, à 130 km de Cusco, déjà sur le versant Est des Andes, donc en forêt tropicale d’Amazonie. Difficile d’accès, ses ruines ne furent découvertes qu’en 1911. Durant le dernier siècle de l’empire Inca (15éme siècle de notre ère) les spécialistes pensent que 35 000 personnes furent employées à l’édification de ce site religieux dédié prioritairement au soleil. Ses constructions de pierres taillées, temples et habitations, sont d’une qualité époustouflante
Pour nos autres découvertes, un livre entier ne suffirait pas à conter cette région de Cusco à l’histoire et aux reliefs envoûtants…
Alors, une fois encore, nous garderons surtout dans le cœur les personnes rencontrées. Aujourd’hui, nous vous signalerons simplement Isabel Baufumé. Cette septuagénaire française vit depuis 45 ans au Pérou. Elle gère depuis plus de 25 ans l’association Qosqo-Maki, structure d’accueil d’enfants et d’adolescents des rues (voir le reportage en espagnol, mais compréhensible sans parole). Elle travaille d’arrache-pied, en collaboration avec divers organismes, afin que la situation de ces jeunes soit prise en compte par les autorités politiques ; l’accompagnement social est encore quasi inexistant au Pérou, nous dit-elle. Au centre-ville de Cusco, l’association a pu acheter, avant le boum touristique, un ensemble de bâtiments vieillots mais plein de charme et assez fonctionnels.
Chaque soir les portes sont ouvertes et des dortoirs accueillent les mineurs qui se présentent. Une équipe d’éducateurs les encadre (dont quelques jeunes volontaires français). Parallèlement, un atelier de boulangerie et un autre de menuiserie permettent à quelques adolescents d’acquérir un métier.
Afin d’arrondir des fins de mois souvent difficiles, l’association Qosqo-Maki  a récemment décidé d’ouvrir quelques-unes de ses chambres aux touristes. Sur le conseil d’un ami du Ccfd-Terre solidaire, nous avons préféré cet hébergement à l’hôtel ; avis aux amateurs.
Ce dimanche, nous voici de retour à Lima ; lundi soir embarquement pour la France pour une arrivée dans la nuit de mardi à mercredi (décalage horaire n’est-ce pas ?).

 

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