Lien entre migrations et guerre civile

et20140506-1Pour faire suite à nos articles précédents sur les migrants, voici un autre volet sur le lien entre migrations et guerre civile.
La principale raison pour  Elise Vincent, journaliste au Monde, c’est « la multiplication des conflits dans le monde, et notamment la guerre en Syrie. La deuxième raison, un peu plus ancienne, est le fait que les côtes libyennes ne sont plus contrôlées comme au temps de Kadhafi, qui faisaient office de « gendarme de la Méditerranée » jusqu’à son décès en 2011. Il avait notamment signé un accord en 2008 avec l’Italie – et son président du conseil de l’époque Silvio Berlusconi – en vertu duquel il garantissait un contrôle de l’immigration contre un financement de 5 milliards de dollars payé par Rome. Aujourd’hui, la Libye est déchirée par ses conflits internes, faisant du pays une zone de non-droit où il est facile pour les passeurs de développer leurs activités… » (voir ici)

Members of the Free Syrian Army are seen at a front line in al-Mid area in Aleppo cityCatherine Wintol de Wenden (spécialiste de migration, professeur à Sciences Po Paris) explique, à propos des migrants :  « Oui, ils ont le choix entre rester ou partir, mais aujourd’hui, d’une part, tout le monde bouge, donc eux aussi, ils ont envie de bouger parce que chez eux, il y a des crises graves. Si on regarde l’Erythrée, la Somalie, le Yémen, la Syrie et toute une série de régions dans le monde, on peut comprendre que les gens, surtout les jeunes, se disent: « Je n’ai aucun avenir là, j’ai tout perdu, c’est une situation de crise insoluble, donc si je veux réellement réaliser mon projet, il faut partir…
… les Etats-Unis et l’Europe ont considéré qu’il fallait renverser les dictatures en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La soi-disant démocratie a mis les pays en état de guerre, l’Etat islamique, dont on évoque de plus en plus souvent les racines américaines, n’a fait qu’aggraver la situation. (voir ici)


16857997Claude Calame écrit dans son blog « …  Parmi les migrants naufragés en Méditerranée se trouvent beaucoup de Syriens, suivis par des Érythréens, des Somaliens, des Afghans, des Nigérians ainsi que des ressortissants en particulier de la Gambie, du Sénégal et du Mali.
À leur égard l’Europe est triplement coupable : politiquement en ayant refusé, par exemple, de donner aux insurgés syriens les moyens de renverser le régime de Bashar el Assad ;  militairement en s’étant associée à la guerre meurtrière conduite par Etats-Unis en Afghanistan ; économiquement en appuyant les mesures d’ajustement structurel que le FMI a imposées aux pays de l’Afrique subsaharienne pour laisser le champ libre aux multinationales de l’extraction et du trading des matières premières, avec les conséquences sociales et écologiques catastrophiques que l’on relève en particulier au Nigéria…. »
Il conclut son article ainsi : « … la suppression des « flux migratoires » implique une double rupture :
– rupture avec  le néo-colonialisme impérialiste des États-Unis et de leurs alliés européens au Moyen-Orient, notamment par le soutien inconditionnel apporté à Israël contre les Palestiniens ;
– rupture avec la libéralisation économiste et financière dominée par les mêmes puissances et assurant le pouvoir économique et financier des pays riches sur les pauvres, au bénéfice des multinationales et des grandes banques, dans une alliance dont le traité TAFTA est l’expression même… »

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