Le lien entre migrations et accaparement des terres

maxresdefaultParmi les migrants beaucoup sont de petits paysans poussés par les logiques du néolibéralisme à quitter leur terre et leur pays.
La responsabilité des importations européennes subventionnées face à ces paysans dépossédés de leur terre ou ruinés, souvent contraints à l’exil est réelle. La Via Campesina, mouvement paysan international soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, souligne le lien entre les zones de production intensive, souvent accaparées, à fort besoin de main d’œuvre et les régions de grande pauvreté rurale, utilisés comme réservoirs de main d’œuvre.
460_0___30_0_0_0_0_0_robo_en_africaAccaparer une terre, c’est en prendre possession aux dépens des populations qui vivent sur cette terre et profitent des ressources qu’elles y trouvent et qu’elles y produisent. Dans bien des cas, ce phénomène est officiellement légal alors même qu’il met directement en péril le droit à l’alimentation des plus vulnérables.

Oxfam commente ainsi le problème : « Les accaparements de terre constituent un phénomène inquiétant, qui prend une ampleur phénoménale. D’après les estimations, on estime qu’au moins 33 millions d’hectares ont été accaparées par des investisseurs étrangers dans les pays pauvres entre 2000 et 2010. Cependant, cette estimation ne concerne que les transactions finalisées et ayant pu être vérifiées sur le terrain. Elle exclut les achats de terres à grande échelle par des acteurs nationaux, les transactions en cours de négociations et tous les contrats pour lesquels il n’y a pas de données disponibles. Il est certain que ce chiffre est donc bien en deçà de la réalité. »
terres-venduesDans la majorité des cas, les terres accaparées sont mises en culture soit pour la production d’agrocarburants, soit pour la production de denrées alimentaires destinées à l’exportation et non au marché local. Dans les deux cas, le modèle de production mis en place est un modèle de type industriel et intensif, au détriment d’une agriculture paysanne et vivrière.
Les entreprises productrices d’agrocarburants et le secteur de l’agrobusiness, tout comme le secteur de la finance internationale jouent un rôle important dans ces processus d’accaparements de terres. En s’arrogeant des droits fonciers sur des terres, ils privent les populations de leurs moyens de production, détruisent les communautés paysannes en même temps que les écosystèmes et les savoirs traditionnels. Les accaparements de terres entraînent des migrations vers des villes incapables de fournir les emplois nécessaires à assurer la sécurité alimentaire des populations déjà fragilisées par la rupture avec leurs systèmes de solidarité traditionnels. »

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Vallée de Polochic, Guatemala. En mars 2011, 769 familles ont été expulsées, suite à l’accaparement de leurs terres. Photo : Committee for Campesino Unity (CUC)

Ainsi,  l’acquisition de terres par des états étrangers ou des entreprises privées multinationales,  ne résout aucunement les problèmes menaçants de la pauvreté, de la faim et de la nécessité d’une réforme agraire, mais met encore plus en danger la subsistance déjà fragile des communautés rurales. En favorisant l’accès des investisseurs à la terre plutôt que de donner la priorité aux droits humains,  ces entreprises provoquent les petits paysans à l’exil… dans les bidonvilles de leurs propres pays ou vers des pays perçus comme pays de cocagne… ils n’ont plus rien à perdre…
terres-afrique-accaparementSans être la seule raison, le lien est manifeste entre migrations et accaparement des terres. Comme le souligne Nicolas Faye, de Via Campesina,   » la décision de l’exil est une forme de résistance, les paysans luttent pour survivre. Dans d’autres cas, ils sont conduits à partir à cause de la violence régnant dans leur région ou liée à des états terroristes. Il est important de voir au-delà de la compassion, que ce sont des gens qui luttent pour survivre. »
On comprend mieux l’action du CCFD terre solidaire qui lutte contre l’accaparement des terres, la sécurité et la souveraineté alimentaire et les phénomènes migratoires. Les enjeux, on le voit,  sont immenses, et à l’échelle de la planète : les migrations vers l’Europe n’en sont qu’une conséquence et qu’une faible illustration….

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