Pâques, à grandes foulées …

SONY DSCExcusez-nous de ce long silence… La raison en est simple : plus de téléphone et d’internet chez le webmaster depuis plus d’un mois… Occasion de faire de la publicité gratuitement : le service après vente de l’opérateur FREE est déplorable et vraiment, vraiment, à déconseiller… Et invitation pour nous, au sein de notre équipe diocésaine, d’assurer une permanence de deux webmasters pour pallier aux déficiences de ce type…

Nous mesurons par ce silence combien est fragile la vitalité d’un blog comme celui-ci. Il en va de la fidélisation des lecteurs. Mais, en même temps, ils trouveront ailleurs ce qu’ils cherchent… Occasion pour nous de se dire et de redire le pourquoi et l’intérêt et ces pages… Pour informer diront certains… pour convaincre, encore et encore, de la nécessaire solidarité dans notre humanité… Pour proposer un fragile lieu d’ancrage et de repères ponctuels dans un monde qui file sa route… pour faire (c)Corps d’une certaine manière…

Cette « panne » nous fait mesurer dans quelle société et quel monde nous vivons. C’est un monde en réseau. Comment en parler ?
– Nous sommes dans une toile, interconnecté en permanence. Ce tissage dit des nouveaux modes de relations qui, bien que virtuelles n’en affectent pas moins des « réalités » bien réelles (liens avec des proches à l’autre bout du monde, accès à la connaissance et aux nouvelles, partages de ce qui fait un essentiel avec d’autres, ouvertures diverses …. )
– c’est un monde complexe (différent de compliqué, mais ça peut l’être aussi !). Une panne locale entraîne un degré de « dépendance » telle que l’on se sent coupé du monde, de ses amis. On découvre que la structure de base sociale de proximité n’est pas, ou plus, forcément celle qui nous rejoint. La communauté sociale ou ecclésiale se dit autrement. Et on peut être plus proche de ceux qui partagent nos convictions « loin » géographiquement mais proches par internet, que de ceux qui vivent à proximité de nous physiquement, localement.
– Ce monde devient un village, suivant l’expression consacrée. Nous devenons proches les uns des autres. La solidarité s’élargit aux dimensions de la planète. Paradoxalement, dépendance et indépendance se conjuguent ensemble. C’est toute la richesse du CCFD-terre solidaire avec sa notion de partenariat. La-bas ils dépendent de nos dons ici pour bâtir des projets en toute indépendance. Gratuité, discrétion, fraternité deviennent « naturelles » à travers ce « virtuel ».
reseau_internet– Cette complexité dit aussi le degré d’immédiateté dans lequel nous vivons. Tout est rapide. Les cotations en bourse se font au milliardième de seconde. Une nouvelle chasse l’autre. Ce qui était « vrai » il y a 5 mn prend une tout autre dimension peu d’heures après. Nous vivons dans un « temps réel » qui nous déconnecte dorénavant de ce que l’on sait, croit. Nos appuis traditionnels, nos modes de penser et de croire prennent une sacrée claque… Vous avez dit « traditions » ? « valeurs républicaines » ? dogmes ? Communes ? paroisses ?…  Tout cela est passé à la moulinette …
Faut-il s’en plaindre ou désespérer ? Surtout pas ! Quelle créativité surgit ! Quelle fécondité se dit ! Quel dynamisme nous appelle ! C’est sûr, ça nous déplace, nous déstabilise ! Dans un monde en réseau qui se crée sous nos yeux, la primauté des relations humaines en structures communautaires non plus durables mais passagères et profondes, (le temps de fouler ensemble un chemin d’humanité,) et qui se vivent en toute liberté devient une vraie chance …
Cette effervescence est sans doute source d’éclatement identitaire pour chacun : Ce qui faisait notre identité, notre colonne vertébrale devient un patchwork : notre « je » se constitue de multiples facettes créées, à travers des engagements multiples (profession, sports, associations, relations, engagements,…) qui se font au gré de nos envies du moment… Tout cela nous tisse un beau et chatoyant « manteau d’arlequin ». Notre « consistance » passe … Plus de paraître, plus de faire, plus de savoir pour exister : Nous tenons vaille que vaille par la couture entre ces morceaux multiples. Qui ou quoi en sera le fil ? … Identité plus fragile, mais aussi du coup plus vrai qui nous met en quête, en recherche, jamais établies ni assurées, et qui nous pose en un lieu sans cesse à chercher ….
Chacun-cherche-son-equilibre_image_article_largeOn ne peut plus faire comme avant, il y a environ 40 ans. L’humanité est entrée dans une nouvelle phase. Celle de l’informatique qui nous situe dans ce que le sociologue Bauman appelle la société « liquide » : nous quittons la société « solide » (où l’on savait, maîtrisait… avec des références, des valeurs et, parfois, une foi; avec des structures sociétales et ecclésiales bien établies en qui on faisait confiance, dans une stabilité sociale, géographique…) pour entrer dans un monde inconnu dont on ne sait de quoi il sera fait demain mais que nous savons déjà riche, ouvert, plein de promesses… On peut qualifier la société « liquide » par les mots de « flexible, précaire, soumise à une évolution effrénée et perpétuelle ;dépourvue de « poteaux indicateurs » stables. L’individu est ballotté par des forces économiques et sociales le sommant de s’adapter en permanence à une conjoncture en redéfinition permanente. Les valeurs de la modernité actuelle sont un peu comme un feu d’artifice : foisonnantes, fluctuantes, sans liens entre elles et souvent sans ancrage dans la durée… » (voir ici).
Ne peut-on pas les appliquer également à propos de l’Eglise  face au caractère radical et irréversible qu’elle vit ?
Rien n’est acquis ou définitif, l’avenir est ouvert et il sera ce que nous en ferons, ensemble.
Les croyants, quand on parle ainsi de réseau, de communication, de liquide et de fluidité, de mutations rapides, d’immédiateté, savent-ils mettre en évidence l’Esprit-Saint (dont ce sont les caractéristiques principales) et être à son écoute ?
N’est-ce pas cela Pâques ? Nous sommes dans ce Passage, personnellement et avec toute l’humanité, pour qu’advienne en Christ une humanité solidaire… Oui, ce blog est peut-être un moyen d’y contribuer…. pour prendre le pouls du monde et inviter chacun, bénévoles du CCFD et visiteurs de ce site à entrer dans la voyance heureuse et pleine d’espérance que tout est déjà accompli… Il suffit d’aider à faire pousser les semences… Ensemble, engendrons la Vie !

Découvrir le dernier livre de Bauman :« Les riches font-ils le bonheur de tous ?  » ou ici 

 

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