Eglise mère de tous

7498-pastorale_affiche_jmm_2015_defDimanche 18 janvier 2015, L’Eglise Catholique célèbre la 101 ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, avec comme thème: « Eglise sans frontières. Mère de tous ».
Cet intérêt  des autorités catholiques pour les migrants n’est donc pas récent. A la fin du XIXe siècle, il tenait surtout à des raisons pastorales : il s’agissait de veiller à ce que les migrants catholiques puissent continuer, dans les pays d’accueil, à vivre et transmettre leur foi, notamment grâce à l’accompagnement de prêtres et religieuses parlant leur langue.
Aujourd’hui, cette constance s’explique  s’explique à la fois par l’importance prise par le phénomène (214 millions de  personnes vivent durablement dans un autre pays que celui de leur naissance, soit 3,1 % de la population mondiale, contre 2 % il y a 50 ans) et par l’intensité des débats politiques et sociaux qu’il suscite dans de nombreux pays d’accueil, débats dans lesquels les chrétiens sont particulièrement présents.

L’actuel « Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement » a été créé en 1905 et c’est Benoit XVI qui, en 2014,  institue la « journée mondiale du migrant et du réfugié »,
Après le mois de décembre (Journée internationale des migrants) et le mois de juin (Journée Mondiale des réfugiés), c’est la troisième journée consacrée à cette problématique. Pour 2015, comme chaque année , c’est la date du dimanche 18 janvier (2éme ou 3 éme après l’épiphanie) qui a été retenue par l’Eglise catholique.

« On peut reprendre l’expression « mal nécessaire » pour caractériser la vision du fait migratoire global qui se dégage des récents textes officiels de l’Église. C’est un mal, car « vivre dans sa propre patrie est un droit primaire de l’homme », dit Jean Paul II, mais il est « nécessaire » en raison des facteurs qui poussent des populations à s’exiler : « les conflits internes, les guerres, le système de gouvernement, la distribution inique des ressources économiques, la politique agricole incohérente, l’industrialisation irrationnelle, la corruption envahissante » » (Christian Mellon Ceras)

Dans son message pour cette journée, le Pape François rappelle qu’ « à la mondialisation du phénomène migratoire, il faut répondre par la mondialisation de la charité et de la coopération, de manière à humaniser les conditions des migrants ». Il souligne l’importance des migrants et réfugiés : « Vous avez une place spéciale dans le cœur de l’Eglise, et vous l’aidez à élargir les dimensions de son cœur pour manifester sa maternité envers la famille humaine tout entière ».

Ailleurs il affirmait : « le fait d’être en situation irrégulière ne fait pas perdre ses droits élémentaires à quelque personne que ce soit. (…) Nous voulons dire notre admiration et notre soutien aux chrétiens qui se mettent au service de leurs frères déplacés, avec un grand désintéressement personnel et associatif… »

en savoir plus

migrations
immigrés : Un engagement ancré dans l’histoire du CCFD-Terre Solidaire
– discours social de l’Eglise sur les migrations
– concrètement : dossier d’animation avec des fiches, une affiche, un dépliant (commandes auprès du Service national). Certaines parties du dossier sont directement accessible en ligne : des propositions pour la liturgie, le témoignage d’une migrante, des vidéos en lien avec le thème, des pistes de lecture pour l’affiche.

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2 réponses à “Eglise mère de tous

  1. salut à tous
    autant les efforts des chrétiens auprès des migrants me semblent légitimes, autant je ne saurais accepter l’image de l’église MERE de tous! l’église-mère, image d’un autre âge d’une entité extérieure à nous, genre dame patronnesse, qui nous protégerait comme un parapluie, qui nous materne, nous infantilise, nous chapeaute et nous dit ce qu’il faut faire: quelle outrecuidance, quelle condescendance, quel mépris pour les autres cultures! l’Eglise,ce n’est pas ça! c’est une assemblée de FRERES, l’Eglise, c’est le peuple de dieu , dont la mère ET le père, c’est Dieu seul! à bientôt
    fraternellement Christiane Bascou

    Date: Thu, 15 Jan 2015 00:20:43 +0000 To: christianebascou@hotmail.com

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    • Merci de ce commentaire Christiane,
      Effectivement, de prime abord, cette appellation « Eglise mère de tous », peut surprendre, voire choquer. Et nous ne pouvons que cautionner votre commentaire, vu sous cet angle.
      Loin de nous de vouloir tomber dans la provocation en soi. Ce titre de « Eglise, mère de tous » est proposé non par le site CCFD du Morbihan mais par la Pastorale des migrants de l’Eglise catholique. L’erreur du webmaster est d’avoir tronqué cet appel qui était: « Eglise sans frontière, mère de tous ». Nous nous en excusons.
      Et sans nous faire les défenseurs de la proposition de la Pastorale des migrants, vous nous donnez là l’occasion de réfléchir à notre niveau et de vous proposer quelques pistes de réflexions qui n’engagent que nous.
      Tout d’abord, pour nous et pour beaucoup, l’Eglise n’est pas une mère qui « materne, infantilise, nous chapeaute et nous dit ce qu’il faut faire ». Beaucoup, en son sein ou en ses marges, peuvent avoir cette impression ou désirer la vouloir ainsi (les autres s’en moquent éperdument !). Ne l’enfermons pas dans une perception tronquée.
      Nous refusons de voir ce qu’est une mère de cette manière, et de percevoir en conséquence l’Eglise ainsi.
      Tout d’abord, pour nous, au delà des clichés sur l’institution, (qui s’appuie souvent sur des réalités !) l’Eglise c’est un corps vivant, c’est chacun de ses membres, en communion avec d’autres membres. C’est, comme vous le dites, un corps de « frères ».
      Avec ses limites et toute sa pauvre humanité, aujourd’hui, à temps et contre temps, elle donne une image et tente de vivre de plus en plus ce qui vivent les mères : tendresse, compassion, amour gratuit, don, souci de l’avenir, du vivre ensemble …. Et Dieu sait si le monde en a besoin.
      Le Pape François, en se situant dans ce registre, dérange beaucoup il vrai, en particulier ceux et celles qui se réclament, peu ou prou, d’une « institution » avec ses dogmes, ses codes, ses « gardes-fous ».
      Allons plus loin : ce mot oublié « sans frontière » est essentiel.
      En quoi ? parce qu’il dit le sens exact de ce que doit être l’Eglise, pris dans son petit sens du terme : elle est à la fois le signe (ou devrait l’être de plus en plus) et le moyen pour dire une réalité plus grande à faire advenir, réalité toujours en tension vers ce qui est l’Ekklésia, c’est à dire la totalité de l’humanité rassemblée et unifiée en Christ. Cette humanité rassemblée dépasse les « frontières » et les religions… C’est en ce sens que les Eglises, une fois cette « mission eschatologique » réalisée, devraient disparaître…
      « Sans frontière » aussi, parce qu’une vraie mère, (il y a de mauvaises mères et l’Eglise catholique peut l’être encore parfois), sait élargir son attention au delà de ses propres enfants…
      Il y a du travail et le CCFD (parmi d’autres) œuvre en ce sens : Parmi eux, il y a les migrants, les sans-toit, les exploités, les laissés pour compte, etc … Nous touchons là quelque chose qui est constitutive de notre foi chrétienne : l’option préférentielle pour les pauvres, les petits, tous, sans distinction: C’est à partir de ce regard et de cette ouverture qu’elle (répétons-le, c’est chacun de nous,) peut se situer en mère sans « condescendance » ni « outrecuidance » pour tous les « enfants » qui souffrent, au delà de son sérail.
      Enfin une mère, c’est peut-être et surtout celle qui sait et qui veut faire advenir le meilleur de son enfant dans sa beauté, sa bonté, sa dignité. Ne serait-ce pas le « travail » d’une Eglise-mère de faire grandir justement ce que les Pères de l’Eglises appelaient « les semences christiques » déposées en tout homme (pas seulement chez les « croyants ») pour que ces semences puissent s’épanouir au cœur de chacun, pour le bien commun de tous les membres de la communauté humaine, loin des enfermements, des dogmes et des « chapelles » ?
      Dernière réflexion que nous inspire cette annonce de la journée des migrants : une mère est garante de ce qu’il a de meilleure à transmettre à ses enfants… Ce n’est pas faire injure aux femmes, (ni surtout les « enfermer » dans un rôle) que de leur reconnaître ce souci de transmettre le meilleur de ce qu’elles ont elles-mêmes reçu (mais c’est le travail des hommes aussi !). Autrefois c’était sur le plan matériel, le trousseau, la dot, un savoir… mais surtout des « valeurs » et des références. Il est bon qu’aujourd’hui la « mère-Eglise » revienne aux fondamentaux, pour dire la richesse d’un héritage qui ne doit pas devenir bas de laine dans un entre-soi, mais se donner au monde : « héritage » des évangiles qui dit la compassion de Jésus pour les foules, la foi en la vie, la tendresse du Père pour tout homme quel qu’il soit, la nécessité du partage, de la tolérance, de l’amour et du don gratuit, … bien loin donc d’une transmission pervertie par une culture occidentale (qui ne dit pas le tout de l’Eglise – qui n’est pas une culture parmi d’autres-, bien que modelée par elle pendant des siècles d’une manière malencontreuse), pervertie aussi par des références politiques et sociales d’un autre âge, des fonctionnements sociétaires modelés par des pouvoirs politico-religieux…
      A regarder ainsi, « l’Ekklesia-Eglise-humanité sans frontière, mère de tous », dans laquelle l’Eglise catholique est immergée, n’est-ce pas se donner ensemble, en frères, en fils surtout (car, depuis Caïn, on le sait, on le vit, la fraternité peut être meurtrière), un beau programme pour sortir de nos périphéries, nous décentrer et élargir notre regard aux « frères venus d’ailleurs » ou qui vivent autrement et à tout homme, quel qu’il soit, avec qui nous pouvons entrer en dialogue parce que, lui aussi (même d’une autre religion, même non croyant), c’est « un fils de paix », (Luc 10) un fils de justice, de solidarité… ?
      Plus qu’une image, que la mère-Eglise, ainsi perçue, devienne, aujourd’hui, réalité !
      Merci à vous de nous avoir donné l’occasion de développer notre pensée. Elle nous conforte, pour qu’avec vous, nous nous engagions, hommes et femmes, avec un cœur de mère, auprès de nos frères migrants en particulier, et avec tous les hommes en général, de qui nous avons à nous recevoir, dans une relation de partenaires, pour qu’advienne une humanité nouvelle …
      Cordialement,
      Xavier, au nom de la commission média du CCFD56

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