Secours catholique : La pauvreté continue de s’étendre en France

Le-Secours-catholique-s-adapte-aux-nouveaux-visages-de-l-exclusion_article_popin Comme chaque année, le Secours Catholique publie son rapport statistique pour l’année 2012 qui rend compte de l’évolution de la pauvreté en France et de ses conséquences sur les personnes en situation de précarité.
En 2012, le Secours catholique a rencontré 1,43 million de personnes, dont près de la moitié sont des enfants. Pour info, l’organisation caritative n’avait accueilli qu’un million de personnes démunies en 2009 : soit une augmentation de +50% en cinq ans. Le niveau de vie des bénéficiaires a baissé de 2,5 % par rapport à 2011, à 497 euros mensuels. Près de 95 % vivent en dessous du seuil de pauvreté (977 euros par mois en 2011), et 70 % sous le seuil de très grande pauvreté (644 euros). Une personne sur six ne dispose d’aucune ressource, et 45 % ne vivent que d’aides sociales. Un tiers sont étrangers, et 48 % disposent d’un titre de séjour…

François Soulage, président du Secours Catholique, commente ainsi le rapport :
« … La pauvreté continue de s’étendre. Elle concerne un plus grand nombre de couples avec enfants, elle reste prédominante dans les familles monoparentales et touche de manière plus dure encore les personnes de nationalité étrangère. Le chômage poursuit sa course vers les sommets, la précarité tient lieu de mode de vie.
L’emploi salarié est de moins en moins accessible aux plus fragiles. Quand ils y accèdent, ce travail est bien souvent synonyme de temps partiels, de CDD, d’horaires fractionnés… L’emploi salarié devrait pourtant, en premier lieu, procurer un abri contre la précarité.
Comme toutes les richesses, le travail est de moins en moins partagé. Pour décrocher un emploi, il faut des compétences, de l’expérience, un réseau qui vous soutient, pouvoir se déplacer, n’être ni trop jeune ni trop âgé, ne pas vivre dans des quartiers stigmatisés, ne pas être étranger… Tout ce qui fait défaut à plusieurs millions de nos concitoyens.
Secours_catholiqueCe ne sont pas les personnes qui sont en cause, à de rares exceptions près, mais bien souvent les choix et politiques de nos gouvernements et des agents économiques au premier rang desquels les banques, qui ont depuis trop longtemps placé le profit avant l’emploi.
La faute à la crise ? En partie. Mais nous sommes aussi devant un nouveau défi. Dans quasiment tous les secteurs, nous produisons aujourd’hui autant de richesses avec moins de main-d’œuvre. Dans ces conditions, attendre une reprise de la croissance et penser qu’elle sera à elle seule génératrice d’emplois frôle l’utopie… En particulier pour les personnes les plus précaires. Pouvons-nous encore imaginer une société du plein emploi à l’image des Trente Glorieuses ? Il semble que non.
Pourtant, l’emploi salarié est le principal générateur de ressources, immédiates et différées, de sécurité, de reconnaissance sociale et de relations aux autres. C’est donc bien la place du travail dans nos vies et dans la société qu’il nous faut repenser, tout comme nous devons aussi repenser la relation entre les différentes formes de travail et les ressources qu’elles procurent. Un partage du travail et des richesses est possible, en rééquilibrant les priorités de l’organisation et en interrogeant les finalités de l’activité économique.
On ne sort des crises que par la créativité. Il nous faut inventer une société dans laquelle toutes les formes de contribution au vivre ensemble – que ce soit par la production de richesse matérielle et financière ou par la création de richesse humaine – soient reconnues et valorisées. »

978217627

 

Médiapart commente ainsi ce rapport en parlant de : « … l’amnésie générale de ceux qui pourraient faire quelque chose (le gouvernement HOLLANDE), qui préfère tourner la tête au profit de sujets « sociétaux » (le mariage pour tous, la guerre au MALI (ou en Syrie), les salles de shoot…) de seconde importance…  René CHAR disait en 1950 : « l’ essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant ». Aujourd’hui, on peut valablement penser que l’insignifiant a pris le pouvoir au dépend de l’essentiel. Ne restent plus que des êtres obligés de renoncer à tout, se faire silence, lentement plier les genoux face à une vie inabordable financièrement, cruelle psychologiquement face à leur dénuement et leur solitude… »

En savoir plus :
– lire le rapport
– article du Monde : Cancer de l’assistanat ? Non, de la pauvreté
– découvrir le Secours catholique

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