Roms : à 6 mois des élections municipales la haine et la stigmatisation déferlent

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À six mois des élections municipales, le défouloir anti-Rom est ouvert. Les élus de tous bords multiplient les propos haineux. Loin de calmer les choses, le ministre de l’intérieur, soutenu par le gouvernement, répète à l’envi que cette population a « vocation  à retourner en Roumanie » et que seule une minorité souhaite s’intégrer en France. Ainsi explique-t-il le recours à l’évacuation de camps, véritables bidonvilles installés aux portes des villes.
On peut admettre que ce peut être pour certains une source d’inquiétude face aux difficultés (et non pas refus) d’intégration de certains étrangers. Ces campements peuvent être aussi des foyers de tensions avec les populations locales. Mais ce n’est pas en vidant et brûlant les campements, en mettant femmes et enfants à la rue qu’on va favoriser le processus d’intégration des Roms.
« Cibler ainsi des boucs émissaires est non seulement condamnable au regard des valeurs de la République mais également irresponsable pour le danger que ce genre de propos fait courir à l’ensemble de la société » affirme LA CIMADE
Politiques et médias se retrouvent dans une surenchère d’idées reçues pour stigmatiser ces populations (environ 20 000 roms -chiffre stable depuis des années) pour créer un « problème » Rom pendant qu’on oublie et cache le vrai problème : pauvreté, chômage, inégalités grandissantes, santé, fermetures d’usine…
(« Si je ne me trompe, il y a de l’élection en l’air en France. A chaque fois qu’on ne veut pas parler de choses importantes comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms », a déclaré la commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux sur France Info.)
Va-t-on retrouver le piètre débat des présidentielles de 2012 parce que ni personne ni parti osait s’affirmer et aller contre le discours ambiant ?
La commission européenne pointe du doigt la posture électoraliste du ministre de l’intérieur en rappelant que les Roms, tout comme n’importe quel citoyen européen, bénéficie de la libre circulation au sein de l’Union, d’ ou l’absurdité de ces reconductions aux frontières.
De son côté Amnesty international vient de dénoncer (rapport rendu public mercredi 25 septembre.) ces méthodes : « … Les Roms « continuent à être victimes d’expulsions forcées » de leurs campements en France, malgré une circulaire interministérielle d’août 2012 qui prévoyait un diagnostic social avant toute expulsion de terrains occupés illégalement… « Le constat est aussi accablant, voire pire, que ce que nous avions constaté en 2012 »… »
Le 19 janvier dernier, lors de la Journée internationale des migrants et des réfugiés le pape François dénonçait une « attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation » qui conduit nos sociétés à une « culture du rebut ».


En savoir plus :
– lettre ouverte du CCFD au premier ministre
– Amnesty International dénonce le sort des Roms condamnés à l’errance
– Roms : assez de stigmatisation : le coup de gueule de la CIMADE

– lire le décryptage du journal « Le Monde »
– Parfois le pronostic vital est engagé : l’analyse du huffingtonpost
– exemple d’un travail de terrain par la Cimade à Béziers 

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